En 2021, Skechers s’est retrouvé dans le viseur de plusieurs organisations de défense des droits humains, accusé d’entretenir des liens avec des fournisseurs impliqués dans le travail forcé dans la région du Xinjiang, en Chine. Certaines enquêtes ont révélé que la majorité des baskets Skechers destinées au marché international provenaient d’usines chinoises, positionnant la marque au cœur de controverses relatives à la transparence de sa chaîne d’approvisionnement.
Les autorités américaines ont, à plusieurs reprises, placé sous surveillance les importations de marques soupçonnées de profiter de pratiques abusives, impactant directement l’image de Skechers sur les marchés occidentaux.
Skechers : une production mondialisée au cœur des débats
Le siège social de Skechers se dresse à Manhattan Beach, California. Là-bas, Robert Greenberg dirige une marque qui s’est imposée sur la scène mondiale. Mais la provenance des chaussures Skechers suscite la curiosité et l’interrogation. La fabrication ne se limite pas au territoire américain : Chine, Vietnam, Cambodge, Inde, l’empreinte industrielle de la marque épouse la carte de la mondialisation.
À une époque où le rapport qualité-prix influence chaque achat, Skechers mise sur une organisation souple et réactive. L’éclatement de la production sur plusieurs continents n’a rien d’un hasard : il s’agit d’ajuster les coûts, de proposer une gamme étendue, des baskets à la memory foam jusqu’aux vêtements, tout en restant compétitif. La stratégie de la marque s’adapte aux besoins du marché, aux tendances, mais aussi aux contraintes réglementaires et au climat politique. Ce choix industriel n’est jamais anodin.
Pour mieux comprendre cette organisation, voici les grandes étapes qui façonnent le parcours d’une paire de Skechers jusqu’aux rayons :
- La conception s’effectue à Manhattan Beach
- La majeure partie de la production se déroule en Asie
- La distribution s’ajuste en permanence à l’échelle mondiale
La marque américaine, parfois comparée à Nike ou Adidas, défend une identité « made in USA » tout en assumant une large sous-traitance à l’international. Entre discours officiel, exigences des marchés occidentaux et attentes éthiques, Skechers navigue à vue. Les consommateurs, eux, examinent chaque étiquette, dissèquent la logistique et cherchent à savoir si l’image colle à la réalité de la production Skechers.
Où sont réellement fabriquées les chaussures Skechers ?
Le parcours des chaussures Skechers commence bien loin de la Californie, où la marque façonne son image. Skechers reste discret sur la localisation exacte de ses usines, mais s’appuie sur un vaste réseau industriel majoritairement situé en Asie. La Chine demeure incontournable, sans pour autant être seule sur la ligne de départ. Vietnam, Indonésie, Cambodge prennent le relais sur de nombreux modèles, permettant à la marque d’ajuster rapidement sa capacité de production pour suivre la demande mondiale.
Cette organisation impacte directement le prix des chaussures Skechers. Main-d’œuvre, disponibilité des matières premières, délais de fabrication : tout entre en ligne de compte pour positionner la marque sur le marché. Skechers ajuste sa stratégie selon les canaux de distribution, les contraintes logistiques ou encore la fiabilité de ses partenaires. Certaines collections, plus techniques ou soumises à des contraintes particulières, peuvent ainsi passer d’un pays à l’autre, suivant la conjoncture ou les enjeux commerciaux du moment.
Si l’on cherche à en savoir plus sur la provenance exacte, la transparence laisse franchement à désirer, que ce soit sur le site internet ou sur la page officielle de la marque. Les mentions « made in China », « made in Vietnam » ou « made in Cambodia » apparaissent parfois sur l’étiquette, mais rarement en ligne. Cette discrétion alimente la méfiance, notamment parmi les professionnels de la mode ou les analystes du secteur. Les consommateurs les plus avisés traquent chaque détail pour deviner l’origine des chaussures Skechers. Un code, un prix, une référence : tout peut devenir un indice pour qui sait lire entre les lignes.
Travail forcé et droits humains : quelles accusations visent la chaîne d’approvisionnement ?
Sur la scène internationale, la chaîne d’approvisionnement de Skechers a fait l’objet d’une attention soutenue. En 2020, l’Institut australien de stratégie politique (ASPI) publiait un rapport remarqué. Au centre de l’enquête : la suspicion d’un recours au travail forcé des Ouïghours dans les usines partenaires de grandes marques. Skechers n’échappe pas à la liste : la marque est citée pour ses liens avec des fournisseurs soupçonnés d’employer une main-d’œuvre contrainte, notamment dans certaines provinces chinoises.
Skechers a réagi rapidement, mettant en avant l’existence de standards sociaux stricts et la réalisation d’audits réguliers pour garantir le respect des droits humains. Le groupe communique sur sa politique de responsabilité sociale, accessible sur sa page officielle, et détaille ses exigences auprès de ses partenaires. Pourtant, les ONG soulignent de nombreux angles morts : accès difficile aux sites, informations fragmentaires, retours d’audit limités. La complexité des circuits de sous-traitance rend la vérification très ardue.
Deux éléments résument la situation :
- Rapport ASPI : Skechers figure parmi les entreprises surveillées pour leurs pratiques en Chine.
- Politique de transparence : les consommateurs informés demandent davantage de données fiables et moins de zones d’ombre.
Au-delà de la mode, c’est toute la question de la responsabilité sociale qui s’invite dans le débat public. Les normes internationales font office de référence, poussant chaque marque à prouver la traçabilité de ses produits. Le climat s’est durci : les acteurs sont sous pression, sommés de démontrer leur conformité face à une vigilance sans cesse accrue des institutions, des clients et des médias.
Conséquences sur la réputation de Skechers face aux enjeux éthiques
L’affaire du travail forcé dans la chaîne d’approvisionnement a ébranlé toute l’industrie. Pour Skechers, la pression n’est pas seulement venue des ONG. Distributeurs européens et français ont exigé des garanties, bousculant les pratiques habituelles. Les clients, bien informés, placent désormais la responsabilité sociale au même niveau que le rapport qualité-prix.
L’image de Skechers ne se résume plus à sa fameuse memory foam ou au design de ses slip-ins ultra. Elle se joue désormais sur le terrain du respect des droits humains et de la traçabilité. Face à la concurrence, Nike, Adidas et autres géants de la mode, la course à la vigilance ne connaît plus de pause. Ignorer ces attentes, c’est risquer de perdre la confiance et de voir les marchés sensibles prendre leurs distances.
Les distributeurs français, notamment à Paris, exigent aujourd’hui des garanties en amont. Plusieurs détaillants ont modifié leurs contrats pour obtenir une transparence renforcée sur la fabrication des chaussures. Cette exigence gagne les rayons, où la mention de l’origine de fabrication devient aussi déterminante que le prix ou l’innovation technique.
Les réseaux sociaux accélèrent la donne : un post, une vidéo, une enquête suffisent à déclencher une réaction en chaîne. La réputation patiemment bâtie depuis Manhattan Beach se joue désormais en temps réel, au rythme effréné des fils d’actualité. Un simple tweet, et le destin d’une marque peut basculer.


